Arrêt de travail, invalidité, décès

Déclarer un sinistre à l’assurance de prêt

Un arrêt de travail qui se prolonge, une invalidité, un décès : c’est le moment où l’assurance emprunteur doit jouer son rôle. Encore faut-il la prévenir à temps, avec les bonnes pièces. Voici la marche à suivre, les délais à respecter et les recours si l’assureur refuse.

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Enveloppe de lettre recommandée avec accusé de réception posée sur un bureau
délai de déclaration minimal fixé par la loi
5 jours ouvrés
prescription de principe pour agir
2 ans
le recours au médiateur de l’assurance
Gratuit

Qui prévenir, et quand

Le Code des assurances (art. L113-2) impose de déclarer le sinistre dès que vous en avez connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, qui ne peut pas être inférieur à 5 jours ouvrés.

Contrat groupe de la banque
La déclaration passe souvent par la banque ou par une plateforme de gestion indiquée dans la notice.
Contrat en délégation
Vous déclarez directement auprès de l’assureur ou de son gestionnaire, puis vous informez la banque.
Arrêt de travail
Déclarez sans attendre la fin du délai de franchise : l’instruction prend du temps.
Décès
Le co-emprunteur ou les héritiers préviennent l’assureur et la banque, avec l’acte de décès.

Un retard ne fait pas perdre automatiquement vos droits. La déchéance pour déclaration tardive doit être prévue au contrat, et l’assureur ne peut l’opposer que s’il prouve que le retard lui a causé un préjudice ; elle ne s’applique jamais en cas de force majeure. Mais un dossier déclaré tard est un dossier traité tard, pendant que les mensualités continuent de tomber.

Les pièces à fournir selon le sinistre

La liste exacte figure dans la notice du contrat. Les éléments médicaux s’envoient sous pli confidentiel au médecin-conseil de l’assureur.

SinistrePièces habituellement demandées
Tous les casFormulaire de déclaration, certificat d’adhésion, offre de prêt et tableau d’amortissement
Arrêt de travail (ITT)Avis d’arrêt de travail et prolongations, certificat médical détaillé, relevés d’indemnités journalières
Invalidité (IPT, IPP)Rapport médical, décision éventuelle de la Sécurité sociale, justificatifs d’activité professionnelle
DécèsActe de décès, certificat médical précisant la cause (sous pli confidentiel), procès-verbal en cas d’accident
Perte d’emploiLettre de licenciement, attestation d’inscription et de paiement de France Travail

Liste indicative. L’assureur peut demander d’autres justificatifs prévus par le contrat.

Envoyer une copie, garder l’original

Envoyez le dossier par lettre recommandée avec accusé de réception ou par l’espace client, et conservez une copie de chaque pièce et de chaque échange. En cas de désaccord, ce sont ces dates qui feront foi.

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L’instruction du dossier et l’expertise médicale

  1. 1
    Accusé de réception

    L’assureur enregistre le sinistre et réclame les pièces manquantes.

  2. 2
    Examen par le médecin-conseil

    Il vérifie que le sinistre entre dans la garantie : cause couverte, absence d’exclusion, conditions remplies.

  3. 3
    Expertise si nécessaire

    L’assureur peut vous faire examiner par un médecin qu’il mandate. Vous pouvez en principe vous faire accompagner par le médecin de votre choix.

  4. 4
    Décision

    Prise en charge des mensualités après la franchise, remboursement du capital en cas de décès ou de PTIA, ou refus motivé.

Pendant toute l’instruction, et pendant le délai de franchise, continuez à payer vos mensualités. En cas d’accord, l’assureur règle en général la banque directement, au prorata de votre quotité, et peut régulariser les échéances couvertes que vous avez déjà payées. L’invalidité est appréciée selon les critères du contrat, qui ne sont pas forcément ceux de la Sécurité sociale : le CCSF a pris acte de l’engagement des assureurs d’harmoniser les seuils (33 % et 66 %) pour les nouveaux contrats à partir du 1er septembre 2026.

Refus de prise en charge : les recours

Un refus doit s’appuyer sur une clause précise du contrat. Les motifs les plus fréquents : exclusion, conditions non remplies, taux d’invalidité insuffisant ou fausse déclaration.

  1. 1
    Demander le motif écrit

    Exigez la clause exacte invoquée et, s’il s’agit d’un motif médical, la transmission du rapport à votre médecin.

  2. 2
    Contester l’expertise

    Beaucoup de contrats prévoient une contre-expertise, puis une tierce expertise par un médecin désigné d’un commun accord. Lisez la clause d’arbitrage.

  3. 3
    Réclamation écrite

    Adressez une réclamation au service réclamations de l’assureur, par lettre recommandée avec accusé de réception.

  4. 4
    Médiateur de l’assurance

    Sans réponse satisfaisante, saisissez gratuitement la Médiation de l’assurance, avec la référence du contrat et l’historique du litige.

  5. 5
    Tribunal

    En dernier recours, le juge peut être saisi ; l’aide d’un avocat est alors recommandée.

Ne pas laisser passer le délai de prescription

Les actions nées d’un contrat d’assurance se prescrivent en principe par deux ans (art. L114-1 du Code des assurances), selon des règles de point de départ propres à chaque situation. Le contrat doit rappeler ces règles. Ce délai peut être interrompu, notamment par la désignation d’un expert après le sinistre ou par l’envoi d’une lettre recommandée avec accusé de réception à l’assureur au sujet du règlement de l’indemnité (art. L114-2).

Si vous avez changé d’assurance pendant un arrêt déjà déclaré, sachez que les assureurs se sont engagés devant le CCSF à ce que l’ancien assureur continue de couvrir ce sinistre et ses suites immédiates, avec un déploiement à partir du 1er septembre 2026.

En résumé

Déclarer vite, tout garder, contester par écrit

Prévenez l’assureur dès le début de l’arrêt, envoyez des pièces complètes, gardez une trace de chaque échange et, en cas de refus, suivez la voie réclamation puis médiateur avant que les deux ans ne s’écoulent.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur la déclaration de sinistre

Dois-je continuer à payer mes mensualités après la déclaration ?
Oui. Le prêt continue de courir pendant la franchise et l’instruction. L’assureur prend ensuite le relais pour les échéances couvertes, au prorata de la quotité.
L’arrêt de travail à temps partiel thérapeutique est-il pris en charge ?
Cela dépend du contrat : certains maintiennent une prise en charge partielle, d’autres l’arrêtent dès la reprise. À vérifier sur la notice.
L’assureur peut-il consulter mon dossier médical ?
Son médecin-conseil peut demander les pièces médicales utiles à l’instruction, transmises sous pli confidentiel. La banque n’y a pas accès.
Et si la Sécurité sociale me reconnaît invalide ?
C’est un élément du dossier, mais l’assureur applique les définitions de son contrat. Une invalidité reconnue par la Sécurité sociale ne garantit pas une prise en charge.
Que faire en cas de rechute après la reprise ?
Déclarez-la de la même façon. Beaucoup de contrats n’appliquent pas de nouvelle franchise si la rechute survient peu de temps après la reprise, souvent moins de 60 jours.
Pour aller plus loin

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